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Méthode scientifique · portée par un projet deeptech
Changer d'instrument quand le monde change d'échelle.
Comment IROStrength lit une entreprise, sur quoi il est réglé, et ce qu'il ne voit pas. Sans acronyme, en dix minutes.
Le point de vue avant l'outil
Pendant des siècles, on a décrit le ciel depuis la Terre. Les observations étaient bonnes, les calculs sérieux, et les planètes continuaient de faire des boucles inexplicables. Copernic n'a pas vu plus loin que les autres. Il a changé de point de vue : il a mis le Soleil au centre, et les boucles ont disparu. Les mêmes faits, lus depuis le bon endroit, devenaient simples.
La médecine a vécu la même bascule, plus récemment. Avant l'imagerie, le médecin disposait du récit du patient, de ses mains et de son stéthoscope. Le scanner et l'IRM ne l'ont pas remplacé. Ils lui ont donné ce que le récit ne pouvait pas dire, et il a continué de poser le diagnostic, avec une image en plus. Personne, aujourd'hui, n'opérerait sur le seul récit.
Nous lisons encore les entreprises innovantes depuis le dossier. Le deck, le prévisionnel, le pitch : ce que les fondateurs ont choisi de montrer, à la date où ils le montrent. Les observations sont bonnes, les comités sérieux, et des entreprises que tout le monde trouvait solides disparaissent en deux ans, pendant que d'autres, mal présentées, tiennent. Les boucles inexplicables sont là.
IROStrength change le point de vue. Il met l'entreprise au centre, pas le dossier. Or une entreprise ne se lit pas seule : elle vit dans un environnement qui bouge plus vite que ses documents. IROStrength lit donc deux choses. D'abord ce qu'elle laisse derrière elle sans l'avoir choisi : les marchés signés, les gens recrutés, les aides obtenues, la technologie exposée, ce que ses anciens salariés en disent. Ensuite ce qui change autour d'elle : ce que l'IA rend reproductible, les règles qui arrivent, les concurrents qui s'installent, les clients qui changent leurs usages, les données extérieures qui la situent.
Le dossier ne peut pas contenir ce second mouvement, puisqu'il est écrit avant lui. Cela donne une image en plus, pas une prédiction : l'entreprise dans son environnement, à la date où on la lit, et qui peut changer de score un an plus tard pour cette raison même. Le diagnostic reste à celui qui connaît le patient.
Reste à dire ce que cette image permet de voir. Un constructeur ne prédit pas les accidents ; il fait des crash-tests, pour savoir comment une structure encaisse le choc quand il vient. Le score d'IROStrength a cette ambition, et pas davantage : montrer comment l'entreprise encaisserait un concurrent qui la refait avec une IA, une règle qui ferme un marché, un client qui internalise, un contrat qui saute. Ce n'est ni une simulation ni une prédiction. C'est une lecture de ce qui, dans l'entreprise, encaisse, et de ce qui n'encaisse pas.
Sept questions, une note de 0 à 4 pour chacune.
Les sept questions ont été choisies pour une raison simple : ce sont celles qui séparaient, dans les faits, les entreprises encore là de celles qui ne le sont plus. Chacune, ensuite, confronte l'entreprise à ce qui bouge autour d'elle : ce que l'IA rend reproductible, les règles qui arrivent, ce que font les concurrents et les clients. Chaque réponse est notée de 0 à 4, sur preuves, et chaque note dit de quoi elle est faite : établie, incertaine, ou information insuffisante.
| Ce qu'on regarde | Poids | La question posée |
|---|---|---|
| Intégration dans les processus clients | 22 % | Ses clients pourraient-ils s'en passer en quelques semaines, ou l'ont-ils installée dans leur quotidien ? |
| Actifs de données propriétaires | 22 % | Ce qu'elle a accumulé peut-il être reconstitué par un concurrent qui part de zéro ? |
| Différenciation de l'infrastructure | 18 % | Sa technologie lui appartient-elle, ou repose-t-elle sur des outils que n'importe qui peut louer ? |
| Ancrage auprès des clients pionniers | 15 % | Ses premiers clients construisent-ils le produit avec elle, ou se contentent-ils d'acheter ? |
| Anticipation réglementaire | 13 % | A-t-elle pris de l'avance sur les règles qui arrivent, ou risque-t-elle d'être prise de court ? |
| Qualité et cohésion de l'équipe | 12 % | L'équipe dirigeante a-t-elle le niveau et la complémentarité pour traverser une période difficile ? |
| Capacité d'adaptation | 10 % | A-t-elle déjà montré qu'elle savait changer de route devant un obstacle ? |
Les deux premières questions pèsent le plus : une entreprise installée chez ses clients, avec des données que personne ne peut reconstituer, encaisse mieux les chocs. C'est ce que la cohorte montre, et ce que l'IA rend plus vrai chaque trimestre.
D'où vient le score, et ce qu'il veut dire
Les sept notes sont pondérées et additionnées : le résultat est un score sur 100. Quatre zones aident à le lire. Elles n'enferment personne ; elles disent combien de questions il reste à poser avant de décider.
Certaines combinaisons comptent plus que leur somme. Une technologie propriétaire sans client installé ne protège de rien ; des clients installés sans équipe pour les servir non plus. Quand une de ces règles joue, le rapport le dit en une phrase, entre les points bruts et le score final.
Sur quoi l'instrument est réglé
La grille a été réglée sur 442 startups françaises : des entreprises toujours en activité et des défaillances documentées. Dans cette cohorte, les premières obtiennent en moyenne 67,2 et les secondes 39,8. Un même dossier analysé plusieurs fois varie de ± 2,2 points. Ce réglage est le nôtre ; il n'a pas encore été vérifié par un tiers, et nous qualifions nous-mêmes le modèle d'exploratoire. Les résultats orientent l'analyse ; ils ne la tranchent pas.
Ce que l'instrument ne voit pas
Une image ne dit pas tout, et un score non plus. IROStrength ne mesure pas la traction du moment ni la qualité d'un produit qu'il n'a pas essayé. Il ne vérifie pas les comptes, ne dit pas si une entreprise lèvera des fonds, ne remplace ni l'entretien avec les fondateurs ni une due diligence. Il ne prédit pas : il dit où regarder. Quand il n'a rien trouvé, il le dit aussi, et une absence d'information n'est jamais comptée comme une faiblesse.
Qui lit, qui relit, qui décide
Les sources sont lues avec des outils, publics et nommés dans chaque rapport. Pour un rapport commandé à l'unité, un analyste contrôle chaque note avant que le rapport parte. Pour un abonnement, vos chargés d'affaires sont formés à produire et à lire les rapports, et nous les soutenons à distance sur les cas sensibles la première année. Et la décision reste à vous : le rapport prépare l'entretien, il ne le remplace pas.
Si vous n'êtes pas d'accord
Chaque note cite sa source. Si une information est fausse ou dépassée, écrivez-nous à iro@wesprint.fr avec la pièce : nous publions un addendum daté sous trois jours ouvrés. Le score n'est jamais modifié sans trace. Une réévaluation est incluse par dossier, sous soixante jours, quand des compléments sont transmis. Le prix payé ne modifie jamais la notation ; nous ne publions aucun score et ne constituons aucun classement.
Ce que nous appelons intelligence artificielle
Une grille de notation pondérée, des règles de cohérence entre dimensions, des outils de lecture de sources. Rien qui apprenne de vos dossiers. Chaque rapport indique ce qui a été produit automatiquement et ce qui a été relu par une personne.